Top 10 des perturbations
mondiales et canadiennes.
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Le World Economic Forum classe la désinformation et la mésinformation comme le risque mondial numéro 1 à court terme (2 ans) dans son Global Risks Report 2024 (p. 6). L'OCDE Digital Economy Outlook 2024 confirme que depuis 2022, les incidents liés à l'IA (systèmes causant directement ou indirectement des dommages) ont augmenté de façon significative, principalement à cause de l'IA générative (p. 11).
La Commission européenne (SFR-23, p. 3) documente que deux tiers de la population mondiale vivent dans des pays ayant adopté une posture neutre ou pro-russe face à la guerre en Ukraine, en partie à cause de la propagande et de la désinformation amplifiées par les réseaux sociaux et l'IA générative. La polarisation des débats est amplifiée par les dynamiques de groupe sur les réseaux sociaux et les biais algorithmiques (p. 12-13).
Le rapport "Perturbations à l'horizon" classe "Les gens ne peuvent pas dire ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas" comme la perturbation #1 la plus probable (horizon 3 ans). L'écosystème de l'information est inondé de contenus générés par l'humain et l'IA. La désinformation fait qu'il est presque impossible de savoir ce qui est faux ou réel.
Le WEF (Global Risks Report 2024, chapitre 2.4, pp. 37-56) identifie un scénario "AI in charge" parmi ses quatre perspectives de risques à 10 ans. Les risques spécifiques incluent : la concentration du marché de l'IA entre un petit nombre d'acteurs, les conséquences adverses des technologies IA (classées parmi les 10 risques principaux à 2 ans), et la désinformation générée par l'IA.
L'OCDE note que l'adoption des technologies dépendantes des données comme l'IA reste faible et concentrée dans certains secteurs, créant des fractures numériques importantes entre et au sein des pays de l'OCDE.
Le NIC (Global Trends 2040, p. 26) observe que les travailleurs à compétences moyennes exécutant des tâches répétitives automatisables verront leurs salaires baisser et perdront des emplois. Même certains professionnels bien rémunérés pourraient voir leurs revenus menacés.
Le rapport "Perturbations à l'horizon" identifie "L'intelligence artificielle se déchaîne" comme la perturbation #6 (horizon ~5 ans). L'IA se développe rapidement et son utilisation devient omniprésente. La société n'arrive pas à suivre et les gens ne comprennent pas très bien où et comment elle est utilisée.
Le WEF classe les événements météorologiques extrêmes au 1er rang des risques à 10 ans, suivis par les changements critiques des systèmes terrestres (2e) et la perte de biodiversité (3e). Un scénario "monde à 3°C" est présenté comme l'une des quatre perspectives majeures.
Le GIEC (AR6 Synthesis Report) confirme que le réchauffement mondial a atteint 1,1°C au-dessus des niveaux préindustriels, avec une confiance élevée que la cause est humaine. Le seuil de 1,5°C sera probablement dépassé dans les prochaines années.
Le NIC identifie trois dynamiques simultanées : le changement climatique, la dégradation environnementale, et l'érosion de la sécurité humaine. Ces dynamiques mènent à l'instabilité et aux conflits.
Le document SFEC du gouvernement français documente l'empreinte carbone croissante du numérique : 2,5 % de l'empreinte carbone française en 2020, avec une hausse tendancielle de +45 % d'ici 2030 et +180 % d'ici 2050 en l'absence de mesures supplémentaires.
Le rapport "Perturbations à l'horizon" identifie trois perturbations directement liées au climat :
"La biodiversité disparaît et les écosystèmes s'effondrent" (perturbation #2, horizon ~6 ans). L'effondrement des écosystèmes et la perte de biodiversité pourraient avoir des répercussions en cascade sur tous les êtres vivants, mettant en péril les besoins fondamentaux de tout être humain : air pur, eau et nourriture. Des secteurs clés comme l'agriculture, la pêche et l'exploitation forestière pourraient être durement touchés.
"Les mesures d'urgence sont débordées" (perturbation #3, horizon ~5 ans). Les interventions d'urgence pourraient ne pas être en mesure de suivre le rythme des catastrophes constantes et simultanées au Canada. Des millions de personnes pourraient être déplacées lorsque des régions entières deviennent inassurables.
Le WEF (Global Risks Report 2024, Box 2.5) identifie le risque que les ordinateurs quantiques puissent briser les protocoles de cryptographie actuels, menaçant la sécurité des données financières, militaires et personnelles.
Le rapport "Perturbations à l'horizon" identifie "Les cyberattaques perturbent les infrastructures essentielles" comme la perturbation #4 (horizon ~4 ans). Les interruptions de services essentiels tels que l'Internet, l'électricité, les transports, l'eau et les systèmes d'approvisionnement en nourriture sont fréquentes en raison de cyberattaques régulières.
Le CSIRO (Our Future World, pp. 1-20) identifie les systèmes autonomes comme l'une de ses 7 mégatendances, avec des implications pour l'emploi, la sécurité et l'éthique. Le NIC confirme que l'automatisation menace les emplois à compétences moyennes dans les économies avancées et émergentes.
Le WEF traite de la course aux armes autonomes comme un multiplicateur de risques géopolitiques, surtout dans un contexte de fragmentation de l'ordre mondial.
Bien que le rapport "Perturbations à l'horizon" ne traite pas spécifiquement de la robotique, plusieurs perturbations connexes renforcent ce risque. "L'intelligence artificielle se déchaîne" englobe l'automatisation : la concurrence commerciale et géopolitique pourrait favoriser le développement rapide de l'IA tout en incitant à des comportements risqués et à un manque de transparence.
De plus, "Les biodonnées sont largement monétisées" (perturbation sous-anticipée) indique que les modèles commerciaux reposent sur la collecte des données biologiques des individus, incluant empreintes digitales, images de l'iris, images faciales, informations sur la santé et l'ADN, ce qui alimente directement les systèmes de surveillance automatisée et la robotique biométrique.
Le PNUD (HDR 2023/2024) documente que l'Indice de développement humain mondial reste en dessous de la tendance pré-2019, avec 51 % des pays les plus pauvres (328 millions de personnes) n'ayant pas récupéré leur niveau pré-pandémique. L'écart se creuse entre les pays les plus riches et les plus pauvres, renversant des décennies de convergence.
Le NIC observe qu'environ la moitié de tous les pays ont connu un creusement de l'écart entre riches et pauvres entre 1990 et 2018, incluant les États les plus puissants (Chine, Inde, Russie, États-Unis).
La Commission européenne note qu'en 2021, 38,2 % du revenu total équivalent dans l'UE allait aux 20 % les plus riches, contre 7,9 % pour les 20 % les plus pauvres. La concentration de la richesse est "significativement plus élevée que l'inégalité de revenus et en augmentation progressive".
Le rapport "Perturbations à l'horizon" identifie trois perturbations directement liées aux inégalités :
"La mobilité sociale descendante est la norme" (perturbation #8, horizon ~6 ans). Les gens ne peuvent pas accéder au marché du logement et sont confrontés à des conditions de travail de plus en plus précaires. De nombreux Canadiens se retrouvent dans des conditions socio-économiques inférieures à celles de leurs parents. Le ressentiment pourrait s'intensifier jusqu'à ce que les appels à une plus grande redistribution des richesses atteignent un point critique.
"Les milliardaires dirigent le monde" (perturbation #5, horizon ~5 ans). Les personnes extrêmement riches façonnent les politiques publiques par l'intermédiaire de leurs plateformes, entreprises, fondations et investissements en imposant leurs valeurs et croyances personnelles et en contournant les principes de gouvernance démocratique. Certains pourraient acquérir des capacités de guerre et contrôler des ressources naturelles et des actifs stratégiques.
Le NIC (Global Trends 2040, p. 12) documente le renforcement du nationalisme et de la polarisation, la fragmentation de la globalisation, et la pression croissante sur les institutions internationales. Les rivalités entre grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) structurent un monde "plus contesté".
La Commission européenne (SFR-23, pp. 2-3) décrit la globalisation comme "fondamentalement remise en question", avec des restrictions commerciales croissantes, des perturbations des chaînes d'approvisionnement, et une "bataille des narratifs" et "bataille des offres" entre modèles démocratiques et autoritaires.
Le rapport "Perturbations à l'horizon" identifie plusieurs perturbations géopolitiques majeures :
"Les systèmes démocratiques s'effondrent" (perturbation #10, horizon ~6 ans). La démocratie montre des signes de déclin dans le monde entier. Même les pays ayant une longue tradition démocratique sont confrontés à la remise en cause de leurs institutions. La préservation des systèmes démocratiques pourrait devenir encore plus difficile à mesure que s'élargit la base des divisions fondées sur les valeurs dans la société.
"Les alliances internationales sont en constante évolution" : les lignes géopolitiques sont redessinées souvent et rapidement en fonction de la technologie, des valeurs et des intérêts économiques. Les alliances se forment et se défont sur une base ad hoc.
Le NIC (Global Trends 2040, pp. 16-28) documente une bifurcation démographique : les populations des pays développés et de la Chine vieillissent et déclinent, tandis que l'Afrique subsaharienne représentera les deux tiers de la croissance démographique mondiale, doublant presque sa population d'ici 2050.
La Commission européenne (SFR-23, p. 8) note que le ratio de dépendance des personnes âgées dans l'UE pourrait passer de 34,4 % en 2019 à 59,2 % en 2070, avec une hausse potentielle des dépenses liées au vieillissement de 2 points de pourcentage du PIB. La capacité de l'impôt sur le travail à générer les mêmes revenus sera "très probablement réduite".
"Une population vieillissante sans soutien" : les conditions de vie de nombreuses personnes âgées deviennent insupportables à mesure que la population vieillit et que les conditions de travail et de marché se détériorent.
"Les immigrants ne choisissent pas le Canada" (perturbation sous-anticipée) : le Canada perd la compétition mondiale pour les immigrants hautement qualifiés et à mobilité ascendante. Avec des problèmes d'accessibilité financière, des pénuries de logements et un manque de soins de santé, le Canada cesse d'être une destination recherchée.
Le document SFEC du gouvernement français fournit des données précises : le numérique représente 2,5 % de l'empreinte carbone française et 10 % de la consommation électrique nationale. Les équipements (terminaux, serveurs) représentent 79 % de l'empreinte totale.
L'ADEME et l'ARCEP prévoient +45 % d'empreinte carbone du numérique d'ici 2030 et +180 % d'ici 2050 dans un scénario tendanciel. La consommation des réseaux pourrait doubler d'ici 2035 avec l'adoption généralisée de l'IoT et de l'IA.
Le rapport "Perturbations à l'horizon" renforce cette préoccupation à travers deux perturbations connexes :
"L'énergie est inaccessible et peu fiable" : la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables est plus complexe que prévu sur le plan géopolitique, ce qui entraîne une adoption inégale dans le monde. De nombreuses personnes au Canada sont confrontées à l'incertitude énergétique en termes de disponibilité, de fiabilité et de coût.
L'OCDE (Digital Economy Outlook 2024, p. 12) documente la hausse des comportements négatifs dans les environnements numériques : +49 % de jeunes rapportant des difficultés de fonctionnement quotidien liées aux réseaux sociaux depuis 2017, +26 % de cyberharcèlement entre 2017 et 2022, avec un impact disproportionné sur les filles.
Le NIC rapporte que les troubles de santé mentale et d'abus de substances ont augmenté de 13 % durant la dernière décennie. Le coût économique de la maladie mentale pourrait dépasser 16 000 milliards USD sur les 20 prochaines années. Entre 10 et 20 % des enfants et adolescents souffrent de troubles mentaux, et le suicide est la 3e cause de décès chez les 15-19 ans.
"La santé mentale est en crise" (perturbation parmi les 10 principales). La santé mentale se détériore jusqu'à atteindre des niveaux de crise alors que les Canadiens sont aux prises avec des crises multiples telles que celles liées au changement climatique et au coût de la vie. En même temps, les gens se sentent de plus en plus isolés les uns des autres, les divisions sociétales exacerbant la solitude.
"Les systèmes de santé s'effondrent" (perturbation #9, horizon ~6 ans). Le système de santé pourrait se détériorer au point de s'effondrer, devenant incapable de répondre aux besoins quotidiens des Canadiens, et encore moins de faire face aux crises émergentes. Les pressions existantes, telles que le vieillissement de la population, l'augmentation des taux de maladies dégénératives, les pénuries de main-d'oeuvre et les capacités de financement limitées, pourraient peser sur l'avenir du système de santé canadien.